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Droit de réponse à Essonneinfo.fr

droit-de-reponse-webSuite à l’article « Comment un élu s’en est pris à Essonne Info (où le difficile combat de la liberté d’informer près de chez vous) » publié par le site Essonneinfo.fr, voici ma réponse que je leur ai demandé de publié (conformément au droit de réponse).

 

« Je vous remercie pour votre article qui,  contrairement à ce que l’on pourrait présumer, ne me contrarie pas. Vous vous exprimez avec retenue, à l’exception de votre sous-titre qui emploie le mot « dégonflé » mais… passons ; chacun sait bien que je n’ai pas ce trait de caractère, vous les premiers puisque j’ai réagi dès la lecture de votre premier article.

Puisque vous posez des questions et n’y répondez que par des approximations, permettez-moi de vous fournir les bonnes réponses qu’il aurait été plus aisé de me demander directement. 

Voici donc ce qu’il vous faut savoir pour comprendre plutôt que de supposer :

Je vous ai assigné en même temps que le syndicaliste qui s’est exprimé dans votre article en affirmant que l’un de mes anciens employés devait « coucher avec moi sinon il devait me payer 1200 euros par mois ». Bien sûr,  le syndicaliste était le premier visé par cette procédure mais comme vous le savez,  dans le cadre de diffamations par voie de presse, nous devons assigner également le directeur de publication du support où les propos ont été tenus sinon le diffamateur va argumenter que ses paroles ont été déformées.

Dans cette procédure vous aviez peu à redouter puisque vous aviez pris soin de retranscrire les propos tendancieux entre guillemets et que ceux-ci n’ont pas été démentis par l’intéressé après leur publication.

Je n’ai pas d’avis à porter sur votre travail journalistique, pas plus que sur celui du « Parisien » (que j’ai également attaqué sous une autre forme pour ses articles sur le même sujet), mais je me permets de vous rappeler que l’un des fondements de l’investigation journaliste est le recoupement des informations. Or,  dans cette affaire,  le travail journalistique des uns et des autres repose uniquement sur les informations que vous ont fournies Hamdi Shili et son syndicaliste. Vos « dossiers de presse », derrière lesquels certains de vos confrères se retranchent lorsqu’ils doivent se justifier,  ne sont pas constitués d’éléments de différentes sources que vous auriez recherchées ça et là, recoupées et analysées… mais uniquement d’éléments transmis par l’un des protagonistes après les avoir sélectionnés (et selon moi déformés).

Vous connaissez bien mieux que moi l’histoire de la presse et vous savez que cette situation est l’ingrédient unique de la fausse nouvelle. Vous ne vous êtes jamais posé de question sur la raison qui pousse un ancien employé à faire le siège des rédactions pour faire savoir au monde entier qu’il a été violé, ainsi que sur le cas des collaborateurs qui ont travaillé avec moi depuis 20 ans et dont aucun ne peut cautionner cette histoire. Je vous invite à regarder ce reportage vidéo et vous aurez sur l’affaire un autre regard https://youtu.be/og9XF9Icyq8

Si nous avons attendu la veille pour nous désister,  c’est pour la raison très simple qu’un nouvel événement peut survenir à tout instant. L’employé n’est pas naïf, il a un minimum de logique et agit selon une stratégie médiatique calculée. Après avoir cru qu’il pouvait gagner très gros, il va se rendre compte de l’immense conséquence de son mensonge. Aucun homme ne peut vivre avec cela sur la conscience si tant est qu’il en ait une. Même s’il a obtenu gain de cause en première instance aux Prud’hommes, tout ce qu’il peut en obtenir va lui brûler les mains et lui « pourrir » la vie. Et s’il ne dit pas la vérité de lui-même, ce sera la justice française,  avec ses moyens d’investigation qui va le faire. C’est ainsi que se finissent la plupart des histoires de ce genre vous le savez bien.

Enfin je vous confirme que si nous nous sommes désistés,  c’est en partie pour éviter des déboires supplémentaires à votre journal que j’admire pour sa régularité depuis des années avec peu de moyens. Il n’est pas nécessaire d’être extralucide pour constater que cette affaire n’était pas en état d’être jugée en première instance et aurait donné lieu, d’une façon ou d’une autre, à une procédure en appel en attendant que les investigations de la justice sur les allégations de l’accusateur soient terminées. En appel,  vous auriez été exposé à des frais d’avocats obligatoires qui se seraient additionnés à ceux de la première instance. Vous avez au moins échappé à cela. Même si je regrette ce différend entre nous, comme je vous l’avais dit lorsque vous m’aviez appelé à ce sujet :  « il faut faire attention à ce que l’on écrit et les personnes dont vous relayez la propagande « .

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